Ingrédients pour une vie de passions formidables de Luis Sepúlveda

sépulvéda

L’autre Sepúlveda

Ingrédients pour une vie de passions formidables présente au lecteur un Luis Sepúlveda, chez lui, débarrassé de sa plume. Le livre s’ouvre sur une réunion de famille autour d’un repas où sont réunis enfants et petits enfants. Luis Sepúldeva accède ici au rang de patriarche et on appelle par respect le Viejo.

Le récit est présenté comme une conversation avec le lecteur. Les chapitres sont courts. L’auteur aborde tous les sujets du quotidien. Il évoque ses années auprès de Salvador Allende et l’admiration qu’il nourrit depuis toujours pour cette figure politique. Il confie aussi sa relation difficile et ambivalente envers le Chili mais aussi envers l’Espagne, son pays d’accueil. Fidèle à sa position d’écrivain engagé, il dénonce les malversations financières et la corruption qui faisaient loi avant que la bulle financière n’éclate en Espagne. Luis Sepúlveda n’hésite pas non plus à pimenter son récit avec des anecdotes relevant du quotidien. Il ne se départit pas de son humour lorsqu’il évoque García Márquez ou encore lorsqu’il écrit une lettre expéditive au Maire de la commune de Ñuñoa en l’intitulant « Lettre à un crétin ». Son franc parler et son humour décapant contribuent à rendre le récit vivant. Le lecteur ne peut s’empêcher de rire lorsqu’il parvient aux chapitres comme « Mode d’emploi pour un 1er Mai gâché » ou « Eurovegas, un mégabordel » ou encore « Quand on a trouvé Gabo plus vieux et plus moche que Gabo ».

Mais l’auteur sait adopter un ton plus lyrique et plus poétique. Dans son chapitre sur « Sud, le mot qui m’obsède » l’auteur rend un hommage vibrant au Sud. L’amour et la passion transpercent dans un style imagé pour caractériser ce Sud qu’il porte avec lui. De même, avec « Laïka » il donne un des plus beaux passages qu’un écrivain puisse écrire sur son chien et la relation qui lie le maître à son animal. Pour l’auteur, l’amour que l’homme éprouve pour son animal et le soin qu’il lui procure le rendent meilleur.

En conclusion, Ingrédients pour une vie de passions formidables est un récit qui permet aux lecteurs de mieux connaître cet écrivain et son écriture. Il entre dans son intimité, écoute ses confidences. Ainsi, une fois le livre refermé, il saisit mieux l’écriture de cet auteur qui se sert des mots pour combattre et résister devant les événements du monde. « Je choisis les mots qui permettent de raconter l’univers et, comme je suis fidèle aux miens, à ceux dont l’effort pour résister rend la vie possible, j’écris, je raconte et je résiste. »


Traduit de l’espagnol (Chili) par Bertille Hausberg.
Editions Métailié
144 pages.
16 €
En librairie depuis le 10 Avril 2014

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