Arizona Tom de Norman Ginzberg

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Western spaghetti

Ecrit par Norman Ginzberg, le roman suit une seule trajectoire et est fidèle à une seule voix, celles du shérif Ocean Miller. 

Ce dernier est un vieil homme usé par la vie et par l’alcool. Désabusé, il ne semble plus attendre grande chose de la vie. Il mène son travail avec parfois une certaine nonchalance dans un trou perdu collé au flanc du désert de l’Arizona. Méprisé par le maire de sa bourgade de Brewsterville et par le Marshall Texas King, il est un de ces hommes qu’on écrase sans pitié car faible et lâche. Ainsi se résume la triste existence de notre shérif qui somme toute s’avère être un brave type. Lucide, il définit sans fioriture son rôle dans la communauté :  » Je suis le shérif de ce bled. Un shérif placide et discret, ni bégueule ni fiérot. Pas un de ces paltoquets qui bombent le torse devant les voleurs de poules, une main sur l’étoile, l’autre sur la crosse de leur colt. Je suis shérif comme d’autres sont putains ou croquemorts, parce qu’il le faut.  » 
Cependant, sa rencontre avec un gamin dans le désert va changer le cours de son existence. En effet, l’enfant traîne derrière lui le cadavre d’un homme démembré. La violence de cet acte et l’étrangeté de la situation poussent le shérif à enquêter sur ce meurtre. Qui a tué la victime ? Qui l’a démembré de la sorte ? Est-ce que l’enfant est-il en danger ? Ou bien est-il coupable ? Comment interroger le garçon alors qu’il est sourd et muet ?
L’enquête s’avère être difficile pour Océan d’autant plus qu’il est sous pression et constamment humilié par les huiles de la ville.

Norman Ginzberg en écrivant son Arizona Tom  jongle avec les codes du western. Le roman est écrit avec des plans panoramiques et des plans séquents comme dans la structure filmique. Nous sommes en pleine conquête de l’Ouest Américain. Les technologies déploient lentement et colonisent cette frontière du wilderness fantasmagorique hantant toute la production littéraire américaine de la fin du XIXème début XXème. Avec délectation, le lecteur épris du genre western retrouve, par certains côtés, la fameuse séquence d’ouverture de  » Il était une fois dans l’Ouest  » de Sergio Leone où Henry Fonda s’apprête à exécuter un enfant, seul survivant de sa ferme. Norman Ginzberg renoue donc avec le western spaghetti. Et que dire de ce clin d’œil  » Le môme, le shérif et les truands  » dans la première de couverture du roman ? La référence à  » Le Bon, la Brute et le Truand  » suscite la curiosité du lecteur et le pousse à ouvrir ce roman. 

Arizona Tom  n’est pas un chef-d’oeuvre littéraire mais il a le mérite de renouer avec un genre cinématographique célèbre. Il tente d’opérer un syncrétisme entre littérature et cinéma, entre récit d’aventure et récit policier – thriller. Mais surtout, il semble être un hommage rendu à Sergio Leone.

 C’est un moment de délice et de détente. On croit entendre le bruit du train. Et on espère qu’il sifflera plus de trois fois …


Editeur : Héloïse d’Ormesson
224 pages
Parution : 2013
17 €

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