Galveston de Nick Pizzolatto

Galveston5

Rider on the storm

« Riders on the storm,
Riders on the storm,
(…)

If ya give this man a ride

Sweet family will die »

Dans son dernier album, L.A women, Jim Morrison a composé ce morceau intitulé « Riders on storm » en souvenir de la vision « chamanique », qu’il avait vécue dans son enfance.

 Dans Galveston, l’ambiance et la course poursuite à travers le Sud des Etats-Unis ont quelque chose de commun avec la chanson murmurée par Le Roi Lézard.
Le personnage, Roy Cady, le désillusionné, l’aventurier mercenaire de l’Amérique Moderne se retrouve dans un piège. Il doit la vie sauve à son art dans le maniement des armes… 
Résultat des courses: il embarque avec lui dans son pick-up une jeune prostituée désoeuvrée et junkie du nom de Rocky. Ensemble, ils tentent de semer leurs poursuivants. Ce périple va renforcer les liens entre eux. Roy essaie de convaincre la jeune femme de changer de vie d’autant plus qu’elle a pris sous sa protection une petite fille qu’elle disait être sa soeur… Quant à Rocky, elle se donne pour mission de protéger Roy qui est en réalité malade et à l’article de la mort… Mais tout ne se déroule pas comme prévu… car il n’y a pas de morale qui tienne.

Vingt ans plus tard, le lecteur retrouve Roy. Il a purgé une peine de prison et est totalement défiguré.  » Désormais, je boitais à cause de l’accident de voiture, et je portais un bandeau sur l’oeil gauche. J’avais aussi un autre visage, asymétrique et sillonné de crêtes, des sourcils qui n’étaient plus alignés et un nez comme un morceau de fruit abîmé. Mes doigts ne se sont pas bien redressés, et les articulations sont restées enflées: elles me tuent dès qu’il pleut.« 

 Mais que s’est-il passé? Pourquoi Roy, un gars bourru et solitaire décide-t-il de parler? Qui est cette jeune femme qui est venue le voir au soir de la tempête? Quel deal a-t-il passé avec elle? Pourquoi se sépare-t-il de sa chienne, la seule compagnie qui lui reste sur cette satanée terre? Tant de questions se bousculent dans la tête du lecteur. La réponse est donnée dans les derniers chapitres où l’auteur expose le destin tragique d’un despérado semant la mort là où il passe.

Galveston est l’endroit où le personnage de Roy a rendez-vous avec son destin. C’est l’heure ultime où les comptes doivent être soldés. Le style est violent, rugueux mais poétique. C’est une poésie aride où les mots sont aiguisés comme des poignards et aussi vite dégainés qu’un colt 45. L’atmosphère de ce polar (car il s’agit bien d’un polar noir et acide) est imprégnée de sueur et de poussière. Le lecteur sent la chaleur moite de ces régions terrassées par le poids d’un soleil incandescent. 

Il est sans conteste que Galveston est un polar atypique réservé aux amateurs du genre.


Traduit de l’Américain par Pierre Furlan
Edition : Belfond
Parution: 2011
320 pages
19 €

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