L’Exception de Audur Ava Olafsdottir

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Une femme dans la tourmente

Maria ne pensait pas que son mari Floki allait la quitter pour son amant du même nom. L’annonce de la séparation s’est faite le soir de la Saint Sylvestre alors que dehors on célébrait la nouvelle année

: « Je devine au mouvement de ses lèvres que mon mari me parle, mais sans l’entendre ; le bruit des feux d’artifice qui dégringolent du ciel embrasé l’oblige à se répéter. Il me regarde bien en face, braquant vers moi la bouteille comme un fusil sur sa cible, puis il se détourne et fait sauter le bouchon en direction du sorbier. »

Et la vie continue. Maria se réveille le lendemain. Le rêve de bonheur s’est envolé ainsi que le mari qui dès la fin de l’annonce s’en est allée rejoindre l’autre Floki. Maria continue à faire bonne figure. Cependant, le sort s’acharne sur elle. Loin d’être remise de cette rupture, elle fait la connaissance de son père biologique et apprend aussi la double vie de sa mère. Au même moment, dans sa vie chamboulée, elle doit partir accueillir l’enfant adoptif qui l’attend à l’autre bout du monde…

L’intrigue est simple. Les chapitres sont brefs. Cependant, la trame narrative suit la même trajectoire que ses deux précédents romans : la simplicité. En effet, cette absence de complexité et d’action réelle, loin de nuire à l’ensemble du récit, se révèle être un allié de choix pour l’auteure car elle permet de mettre en lumière, la souffrance rentrée du personnage féminin. Audur Ava Olafsdottir, en fine psychologue, extrait un à un les fils de la douleur. Par des termes simples, elle souligne l’obsession de Maria et son refus de tourner la page. La description minutieuse du processus du deuil est savamment orchestrée. Le lecteur voit se déconstruire tout autour de Maria. Son univers sécurisant et serein s’effrondre tout doucement. Seule Perla, personnage « adjuvant » du récit, guide et oriente Maria sur la voie de la résilience et de la guérison :

« (…) Et elle gravit l’échelle, progresse dans son ascension. Non, elle prend d’abord l’enfant dans ses bras, tandis que, de là-haut, une main se tend vers elle, oui, ce serait plutôt comme ça. »

Perla est peut-être le double de l’auteur qui a confiance en son personnage. Elle ouvre l’horizon des possibles et laisse son personnage chrysalide devenu papillon avancer vers sa nouvelle destinée.


Roman traduit de l’islandais par Catherine Eyjolfsson
Editeurs Zulma, 338 pages
20 €
En librairie depuis Avril 2014

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