Désolations de David Vann

couv rivière

Caribou Island

Si le titre en français, Désolations, peut être considéré comme une interprétation de l’atmosphère du roman, le titre américain est beaucoup plus imprécis et vague. Caribou Island ne renseigne en rien sur les impressions ou états d’âme des protagonistes du roman. Il désigne juste un endroit, Caribou Island, une île coupée du monde mais aussi un lieu de rendez-vous où le destin viendra régler son compte avec Irène et son mari Gary. 

Tout le roman est annonciateur d’un orage violent, d’un ouragan d’une rare intensité qui se forme non pas en plein océan mais dans la tête d’Irène. En effet, institutrice à la retraite, Irène se retrouve du jour au lendemain inactive. Sa vie devient alors dénuée de sens. Elle rumine et fait remonter à la surfaces les frustrations, les occasions manquées et les rêves brisés. Le coupable de son échec est tout trouvé: son mari, Gary. Rattrapée par un passé douloureux, prise par des maux de tête mystérieux, signes annonciateurs de sa folie destructrice, Irène bascule dans l’irréversible. 

David Vann aime les huis-clos et les règlements de compte familiaux. Le couple et la famille sont des morceaux de choix pour cet auteur. Il les dissèque, fait surgir les secrets et les non-dits. Avec une virtuosité propre à lui, il hisse de simples gens en anti héros tragiques. Son roman trace la trajectoire d’une crise et d’une rupture psychique. La montée en tension et le huis-clos tiennent en haleine le lecteur qui suffoque, gigote pour échapper à l’histoire de ces personnages tant qu’il sait que tout cela se terminera mal. David Vann, grâce à son art du suspens maintient fermement l’attention du lecteur et l’oblige avec subtilité et malice à aller jusqu’au bout de l’histoire et à vivre le calvaire de ses personnages.
En conclusion, Désolations est cette tristesse stagnante, cette affliction qui pèse, lourde comme le poids d’un mort accroché à la cheville d’un coupable. 

A coup sûr, c’est un récit de haute facture

David Vann a été l’invité d’honneur à Limoges pour répondre aux questions concernant son oeuvre. Il était accompagné de son éditeur français: Oliver Gallmeister. Il a patiemment joué le jeu des dédicaces et échangé avec les lecteurs qui sont venus le voir pour l’occasion. 
Il a confié que ces trois prochains romans auraient pour protagonistes les femmes. Mais il n’en a pas dit plus.


Traduit de l’Américain par Laura Derajinski.
Editeurs: Gallmeister, 2011
304 pages.
23,40 euros

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