La beauté du monde de Hector Tizon

La beauté du monde
Le chant d’un homme désespéré

La beauté du monde est un roman de 150 pages qui retrace la vie brisée d’un homme qui n’a pas su garder l’amour de sa vie auprès de lui. Mais ce n’est pas que cela. En effet, Hector Tizon ne s’intéresse pas à une banale histoire d’amour qui tourne mal. Le départ de l’épouse n’est qu’un prétexte pour permettre à l’auteur d’explorer les impulsions et les tréfonds de l’âme humaine et pour hisser le destin de Lucas vers le tragique. Lucas, le mari cocu et délaissé va errer pendant 20 ans sur la terre déserte d’Argentine, sur les mers improbables où il devient marin. Pendant 20 ans, il s’enfonce dans la solitude et le silence. Il se tient à l’écart de ses semblables et cherche dans l’inconnu, la paix ou/et la mort… Et puis, c’est le retour, au détour d’un chemin, par hasard sans rien apprendre sur lui-même à moins que…

Dans une prose extrêmement poignant, l’auteur choisit d’offrir à ses lecteurs une poésie composée de mots simples. Il dépeint un paysage désolé et mélancolique comme l’âme et le coeur de cet homme. C’est un chant, une complainte, celle d’un homme qui ne trouve plus de sens à sa vie et qui désire qu’elle s’arrête. C’est une prière non exaucée malgré les suppliques ardentes de l’homme esseulé. Mais c’est aussi un roman qui porte à la lumière une certaine absurdité de l’existence. L’homme erre puis revient chez lui par hasard comme s’il avait passé les vingt années de sa vie à tourner en rond… Mais est-ce si sûr? La souffrance, les échecs successifs, la maladie et la vérité enfin révélée n’ont-ils pas contribué à lui révéler le sens ultime de la vie, telle qu’il la perçoit à la fin de ce si long voyage initiatique?

Voici une citation qui invite le lecteur à la méditation:

« Peu lui importaient désormais les choses et les lieux. Il pensa que toute existence individuelle est peut-être illusoire, que la mort et la vie de l’individu ne signifient rien, que n’existe que le grand courant qui s’écoule, et que mourir et tuer ne sont qu’en apparence un geste. Il était enfin un homme libre, qui n’avait rien à perdre ou à gagner, même pas les souvenirs. Un homme dépouillé. Ses yeux errèrent dans l’espace, vers le bout du chemin et l’ombre noire du bois. Et il perçut la musique du cosmos, l’harmonie merveilleuse et terrible de tout.« 


Traduit de l’Espagnol (Argentine) par André Gabastou
Editeurs : Actes Sud, 2007
160 pages
18,10 €

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