L’Effondrement de Horacio Castellanos Moya

effondrement

La comédie du pouvoir


L’effondrement
répond bien à son titre. En effet, le roman commence par la dispute d’un couple bourgeois formé par Erasmo, un avocat, Président du Parti National hondurien et sa femme, Dona Lena. Comme toujours, Horacio Castellanos Moya manie à merveille le langage. Cette querelle d’une violence inouïe met en exergue la faillite du couple et de la famille. En effet, Dona Lena refuse d’assister au mariage de sa fille Esther avec un Salvadorien de 20 ans son aîné et de surcroît divorcé. Scandalisée par le soutien de son mari au couple, Dona Lena l’enferme dans les toilettes afin qu’il n’assiste pas à la cérémonie. Le lecteur assiste à une scène d’anthologie dans laquelle l’auteur laisse percer sa très grande verve jubilatoire.

Mais ceci n’est qu’un prétexte à Horacio Castellanos Moya pour autopsier le corps social hondurien. Il met en exergue la fragilité de la classe bourgeoise corrompue et coupée des réalités. Il ne faut pas oublier que Horacio Castellanos Moya est né à Honduras avant de prendre la nationalité salvadorienne. Fuyant le Salvador à cause de ses écrits, il vit aux Etats-Unis actuellement. Cette part bibliographique permet au lecteur de me comprendre son engagement dans la dénonciation des dictatures.

Retournons au roman : la dispute entre ces époux au début du roman est un prémisse, un présage funeste. Plus le lecteur avance dans les profondeurs des mots et plus il est exposé à la violence qui s’étend sur l’ensemble du territoire. La deuxième partie adopte le genre épistolaire pour narrer les exactions politiques notamment le match de football tumultueux de 1969 entre l’Honduras et le Salvador. La crise devient de plus en plus grave aussi bien sur le plan familial entre Dona Lena, Erasmo et leur fille que sur l’échelle nationale pour se terminer dans le tragique dans la troisième partie du roman.

L’effondrement peut être considéré comme un roman expérimental qui calque la déliquescence d’une nation sur celle d’une famille et vice versa. La fin du récit révèle la virtuosité de notre auteur …

Mais chut! Je vous laisse découvrir ce délicieux roman plein de fiel et d’humour noir!


Traduit de l’Espagnol (Salvador) par André Gabastou
Editeurs : Les Allusifs, 2010
212 pages
16,30 €

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