Les écus de Messire Arne de Selma Lagerlöf

Je suis ton autre

Parmi toutes les oeuvres de Selma Lagerlöf, Les écus de Messire Arne appartient au registre sombre qu’affectionne tant l’auteure.

Il est sans conteste que la grande Dame suédoise aime se pencher sur la problématique de la christianisation dans les pays nordiques et les résurgences des croyances païennes comme l’expression d’une revendication identitaire. Cependant, elle n’hésite pas à fouiller dans l’imaginaire collectif des royaumes nordiques pour offrir aux lecteurs des contes merveilleux et des récits d’épouvante.

Dans Les écus de Messire Arne, tout commence par la rumeur qui dit que Messire Arne possède un coffre dans lequel il met ses lourds écus étincelants d’or. La rumeur circule, s’enfle dans les auberges et arrive aux oreilles de trois assassins qui par une nuit noire pénètrent avec fracas dans ladite maison et de leurs couteaux aiguisés, tuent sauvagement les habitants du château sans laisser de survivant. Enfin, c’est ce qu’ils croient…

L’atmosphère est oppressante. Le narrateur et protagoniste du récit est un certain paysan, Torarin. Il conduit une charrette dans lequel se trouve son chien, Grim, qui communique avec l’au-delà. Le lecteur voit les événements et les vit au travers des yeux naïfs du vieux Torarin.

Le roman est court avec une concision d’écriture qui tient en haleine le lecteur. Tous les thèmes et résurgences du paganisme sont présents dans ce récit: revenants, la sauvagerie des assassins sans pitié, la belle Elsalill et sa soeur morte-vivante…

En conclusion, Les écus des messire Arne épouse tour à tour le réalisme fantastique et le conte que les aînés racontent lors des veillés. L’atmosphère est teintée de clair-obscur. La nuit et la grisaille enveloppent le récit et font monter le suspens et la terreur. Le lecteur visualise grâce à la force suggestive des mots des cavaliers galopant dans la nuit noire et se dirigeant vers le manoir avec la froide détermination de tuer. Leurs yeux cruels luisent dans les ténèbres.

Puis il y a les revenants, il y a aussi la douce et effrayante voix de la morte à la robe ensanglantée qui demande vengeance…

La fin ressemble à une tragédie shakespearienne…


Traduit du Suédois par Th.Hammer et M. Metzger
Editeurs: Stock « La bibliothèque cosmopolite », 1989.
135 pages
Environ 9 euros

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