Les reines du Kungahälla de Selma Lagerlöf

les reines de
Cortège de reines

Les reines de Kungahälla est paru en Suède en 1899. C’est un recueil de nouvelles qui souligne l’importance d’une cité royale et mythique du nom de Kungahälla.

Le livre débute sur la déambulation déconcertée d’un voyageur qui voulait visiter ce lieu légendaire. Il ne trouve plus rien, ni ruines, ni vestiges du passé témoignant ce temps merveilleux. Les habitants l’amènent alors au bord d’un fleuve dont l’une des rives a vu la naissance de ladite ville. Ils entament pour ce promeneur curieux un long récit retraçant les fondations de la ville. Ils évoquent les péripéties, les conquêtes des territoires du Nord, les guerres et surtout l’arrivée du christianisme chassant les anciennes religions et croyances en les repoussant hors des frontières du connu.

Il y a en tout cinq nouvelles qui retracent toutes la vie d’une des reines nordiques. Cependant, à l’exception de la reine des forêt et Sigrid la Superbe, les autres sont soumises aux lois des hommes dictées par l’Eglise. Elles sont ravalées à un rang de subalterne au roi. C’est pourquoi la figure du roi Olof, le champion de la chrétienté prend de plus en plus de l’importance au fil des récits jusqu’à devenir un fou, un fanatique.

Les reines qui viennent après la fondation des premières églises en terre du Nord comme Astrid, l’épouse d’Olof, sont considérées comme des pécheresses qui ont besoin de l’appui des rois nouvellement convertis au christianisme pour sauver leur âme. Elles sont faibles et ne possèdent que des défauts. Astrid est vue comme une menteuse et une usurpatrice d’identité. La misogynie est en marche pour disqualifier les femmes qui sont considérées comme indépendantes, cruelles ou viriles (les trois vont ensemble). Le conflit entre Olof et Sigrid le montre.

Mais c’est aussi le combat et la lutte entre Sigrid dont l’allure s’apparente à Freyja, déesse païenne et le culte marial qui commence à s’installer dans ces régions nouvellement christianisées. Le cortège de la reine fait de trolls, de géants, de tomtes et de lutins met en lumière la résurgence d’un monde ancien où s’entremêlait paganisme et animisme. Un monde qui ne veut pas mourir car il porte en lui l’identité d’un peuple.

Malgré l’absence de profondeur psychologique des personnages, c’est un ouvrage intéressant pour connaître ces civilisations perdues et pourtant toujours vivantes dans l’imaginaire collectif des pays scandinaves.


Traduit du Suédois par Régis Boyer
Editeurs: Payot/Rivages
144 pages
15 euros

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