Balco Atlantico de Jérôme Ferrari

9782330013059
Mirages

Les ouvrages de Jérôme Ferrarri relatent souvent les errances, la perte de l’innocence originelle et de façon plus métaphysique et philosophique, la chute de l’homme.

On peut voir dans ce livre Balco Atlantico comme le lieu avant la Faute et avant la Chute. Hayet, l’une des narratrices de ce roman décrit ce lieu comme :  » (…) une longue esplanade qui longe l’océan, sur laquelle il est très agréable de se promener, et qui s’appelle Balco Atlantico. Je lui dis qu’on y voit les plus merveilleux couchers de soleil du monde« .

Au fil des pages, le lecteur perçoit dans Balco Atlantico un symbole, le rêve d’une vie déchargée du poids de la souffrance et du combat. Balco Atlantico devient le lieu de la liberté, une ligne de fuite, une évasion, une invitation aux voyages vers d’autres contrées, d’autres continents où la vie est plus douce. C’est pour accomplir leurs rêves que Khaled et Hayet, sa sœur quittent leur pays pour venir s’installer dans un village Corse. Et que dire de Stéphane, de Théodore, de Dominique (qui ressemble assez dans son combat au capitaine André dans Où j’ai laissé mon âme) ou de Vincent? Tous rêvent d’accomplir honorablement leur vie. Tous veulent tendre vers un idéal qui les arracherait de la boue et du dégoût de l’existence. Mais Balco Atlantico représente aussi un terrible mirage. En effet, ce n’est qu’une illusion car un tel monde n’existe pas.

La tragédie dans ce livre tient au fait que les protagonistes croient trop à leur rêve. Stéphane, Khaled, Dominique et la petite Virginie le paieront cher pour avoir succombé au chant de cette sirène qui rôde sur ce long esplanade… Vincent, Virginie ou encore Hayet resteront à jamais marqués. L’amour, l’honneur et la liberté ont brûlé leurs ailes. Désormais, ils sont comme des aigles infirmes tournant le regard vers le ciel sans jamais pouvoir rejoindre les hauteurs où se trouvent leurs nids.

Balco Atlantico est aussi un chant à plusieurs voix. La narration est complexe. On passe d’une pensée à une autre. Chaque mot cristallise un cri, une angoisse, une espérance ou une attente de l’amour qui ne vient pas. C’est aussi un roman sur la Corse et sa violence qui brise l’individu ne lui permettant pas d’accéder à cette part saine de lui-même: l’âme.


Editeurs : Actes Sud, Collection « Babel », 2012
192 pages
8,50 €

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