Les disparus de Daniel Mendelsohn

les disparus
Compléter les blancs laissés par l’Histoire

Ce roman monumental de 925 pages se lit petit bout par petit bout tant il est complexe par sa structure narrative. Daniel Mendelsohn est à la recherche d’une réponse, un nom pour raconter une histoire manquante: celle d’une famille.

En effet, l’auteur part en quête de ses origines. Il veut comprendre l’histoire de sa grande tante Esther, de son grand oncle Shmiel et de leurs quatre filles tués dans l’Est de la Pologne en 1941.

Pour se faire, il effectue des voyages au quatre coins du monde : en Europe, en Israël, en Australie et aux Etats Unis. Son livre restitue l’histoire de sa famille secouée par la montée du nazisme et de l’antisémitisme. Il met aussi en lumière les secrets et les non dits de sa famille qui l’ont grandement perturbé dans son enfance. Il convoque le tribunal de l’Histoire pour raconter, documents à l’appui, le génocide par balles dans l’Europe de l’Est par l’Allemagne Nazie.

L’entreprise romanesque permet à l’auteur d’esquisser des angoisses devant la vérité nue. Il y a aussi la remise en questions de ses propres préjugés qui ne résistent pas au choc d’une rencontre chaleureuse avec les Ukrainiens considérés jusque là par l’auteur comme un peuple barbare prenant part au génocide des juifs avec un zèle inégalé.

En tant que lectrice j’ai aimé ce roman pour sa concision et sa pertinence historiques. Mais il n’y a pas que cela. Le roman peut s’apparenter à une quête policière, à un récit psychologique et intimiste écrit avec grâce et élégance sans manichéisme aucun. Daniel Mendelsohn insiste aussi sur la police juive et certains juifs qui ont profité de la situation pour opprimer leurs frères. C’est aussi un roman autobiographique qui fait se croiser plusieurs voix narratives pour résoudre une énigme à savoir les circonstances de la mort de cette famille.

Les disparus peut être considéré comme une nécessité d’écriture qui permet à l’auteur de s’approprier son histoire dans son intégralité en exhumant un grand secret. C’est aussi un roman à dimension historique car les éléments narratifs ont été nourris par un apport documentaire et d’archives fouillés.


Traduit de l’Américain par Pierre Guglielmina
Editeurs : J’ai lu, 2009
931 pages
10,40 €

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