L’Appât de José Carlos Somoza

9782330018771
Visage, Sentiment, Masque

Nous sommes à Madrid. Un tueur sévit dans la ville. Il retient des victimes et les tue selon un rituel bien précis. La police madrilène enquête et lâche dans la nuit des appâts qui sont des agents profileurs d’un genre nouveau afin de l’attirer et le neutraliser en vain. Des victimes continuent de disparaître. C’est ainsi que Diane, un appât expert près à décrocher pour une vie « normale » entre en scène. Elle a du mal à attirer le criminel dans son piège d’autant plus que sa hiérarchie la surveille jour et nuit car Diane constitue une menace pour l’institution. En pleine enquête, sa sœur, appât elle aussi mais inexpérimentée, disparaît. Diane est plus que jamais déterminée à arrêter le coupable en employant les moyens les moins orthodoxes. La vérité va cependant éclater et Diane est à son tour prise au piège…

L’appât est un roman qui peut captiver un lecteur passionné de roman policier ou d’investigation. José Carlos Somoza opte pour une idée originale. Il met en scène non un enquêteur classique mais des agents d’un nouveau genre. Ils sont appelés des appâts. Formés par des pièces de théâtre shakespearien, ils sont capables de décrypter le désir humain dans chaque « criminal mind ». A chaque désir ou psynome l’appât répond en affichant un masque qui excite ce désir chez le criminel. Fasciné par ce qu’il voit, au comble de l’extase et de l’orgasme, le criminel se laisse prendre au piège. Il ne peut se détourné du masque de l’appât. On dit alors qu’il est accroché. Cette méthode a permis à l’équipe madrilène de capturer de dangereux individus dont le dénommé Renard. Cependant, l’existence des appâts est contestée au sein des instances politiques. De plus, ceux-ci sont tout aussi dangereux que ceux qu’ils poursuivent. Ils peuvent aussi être traqués et détruits à leurs tours. On dit qu’ils sont tombés dans la fosse. Le roman cite ainsi en exemple le destin tragique de Claudia, un appât hors pair mais détruit psychologiquement par le Renard.

« D’après cette théorie, ce que nous sommes, pensons et faisons dépend exclusivement de notre désir, et nous exprimons ce désir à chaque fraction de seconde par les gestes, les mouvements des yeux, la voix… Certains psychologues ont même envisagés la possibilité que cette expression soit quantifiable. C’est-à-dire qu’elle puisse se mesurer et se formuler grâce à une sorte de… code mathématique comme le génome, d’où le terme de psynome… »

Même si l’intrigue est parfois réductrice et stéréotypée, il n’empêche que l’idée est intéressante. S’inspirant des théories du professeur Paul Ekman et de la criminologie empirique, José Carlos Somoza a su mener son intrigue vers un dénouement surprenant. Cependant, l’histoire souffre parfois d’un dialogue assez pauvre saupoudré de termes complexes et pseudo scientifiques. Le personnage de Diane, quant à lui demeure désespérément…vide.

En conclusion, l’Appât constitue un moment de lecture agréable mais sans grande prétention.


Roman traduit de l’Espagnol par Marianne Millon
Editeur : Actes Sud, Coll « Babel Noir », 2014
533 pages
9,80 €

Publicités
Cet article a été publié dans Littérature de langue espagnole/ Amérique Latine et du Sud, Littérature espagnole de langue catalane. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s