Le héron et l’escargot de Marie – France Chevron et de Mathilde Magnan

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Chronique d’Abigail

Voici présentée, sous la forme d’une fable, la rencontre et l’aventure vécues par le héron et l’escargot.
Savourons, dès la première planche, la représentation détaillée du héron au long bec, fin comme un couperet, et de sire escargot sur cet appendice perché. Et notons, surtout, l’humour qui s’en détache et qui tient à l’échange de regard, que l’on devine perplexe, entre les deux animaux.
Les deux auteures Marie-France Chevron pour l’histoire et Mathilde Magnan pour les illustrations, ont uni leurs talents avec malice, et se retrouvent ainsi complices de cette co création.
L’humour, teinté de cruauté, et le détachement sont des éléments présents dans la plupart des planches, ainsi que la précision du trait et son élégance dynamique.
C’est messire crapaud, dans son drôle de costume à pois, qui se fait  le héraut de la fable, déroulant comme il le peut son long manuscrit. Nous voilà, petit ou grand, happés par l’histoire, pas forcément très morale, et en cela si proche de l’esprit véritable de La Fontaine.  Tout en cultivant une pétillante et légère irrévérence.
Le héron, sur ses longues pattes perché, entend bien gober Monsieur escargot. Ce dernier, tout petit, les yeux candidement dressés, entreprend de négocier. Un repas contre un voyage. Assouvir son rêve de voler avant de terminer dans le gosier! Ce que le gastéropode exprime avec beaucoup de lyrisme.
Qu’à cela ne tienne! Nos deux compères s’envolent, liés par la nécessité, le plus petit logé dans le bec du plus grand. Jusqu’à la chute redoutée, attendue, inévitable et non évitée… Le repas du héron.
Ainsi donc, pas de détournement, pas d’accommodement, pas de happy end. L’esprit de la fable se voit respecté en tout point, non exempt d’humour, grâce aux jeux sur les mots et les références et grâce à cet inattendu échange de bons procédés…
C’est donc la fin cruelle, et conforme à le dure loi de nature, qui achève l’histoire… Qui nous laisse sur notre faim? Ou, du moins, à un sentiment partagé avec le héraut grenouille: » Cela nous désole évidemment. »


Texte: Marie – France Chevron
Illustration: Mathilde Magnan
Editions Courtes & Longues, 2013
48 pages
20 euros

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