La fille qui marchait dans la nuit. Texte de Isabelle Bournat, Illustré par Claude Mediavilla

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Errance nocturne

Ce récit a vu le jour grâce à un travail collectif pour le compte de la maison d’édition Alternatives. L’histoire est écrite par Isabelle Bournat, une journaliste qui est aussi auteur de quelques recueils de poèmes et de pièces de théâtre. Ce récit est son premier roman. La fille qui marchait dans la nuit est illustré par Claude Mediavilla, peintre, calligraphe de réputation internationale. Ses œuvres sont exposées en France mais aussi à l’étranger. En 1993, il a publié un ouvrage de référence en matière de calligraphie intitulé Calligraphie, du signe calligraphique à la peinture abstraite.

« Je peins parce que les hommes parfois oublient d’aimer, je peins pour dire l’instant exact où une vie trouve son accomplissement, pour la part infime et grandiose qui porte un homme à vaincre sa propre tragédie. Je peins au crépitement des rencontres futures… pour recomposer les tonalités de notre océan« 

Ainsi écrit une jeune femme portée par l’amour de la peinture. Chaque nuit elle promène son matériel, son seul bien, sa seule fortune, pour peindre. C’est une jeune femme sans attache. Elle est métisse et se définit elle-même comme une « petite grise », moitié arabe moitié européenne. Son prénom ? Yasmine. On sent en filigrane au travers le récit que Yasmine est un être en rupture, une créature fragile en proie à une profonde crise identitaire. Mais peu importe, son bonheur c’est de redonner de la couleur à la pierre terne et au ciel de plomb des cités qui vivotent. Elle voit dans cette passion de repeindre le quartier, le sien, comme une mission nécessaire à sa survie.

Malmenée par l’existence, âme esseulée, elle saisit les instants fragiles des êtres en détresse, des êtres en naufrage pour les magnifier par le méli mélo des couleurs de sa toile. Elle restitue à ces hommes et femmes leur dignité, ravie par la misère, la vie et l’égoïsme du monde. Son acte est démiurgique. Sa création la rapproche de Dieu car elle rafraîchit la toile de la Création.

La fille qui marchait dans la nuit s’interroge sur le souffle créateur, le pouvoir de l’image, de la couleur et des mots. Il apte le lecteur par ses illustrations calligraphique et par la mélancolie du récit.


Editeurs : Gallimard, Alternatives, Coll. « Grand Pollen », 1997
22 €

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