La petite princesse aux petits plats. Texte de Annie Marandin. Illustration de Lucile Placin

9782278078066-T
Une singulière petite Princesse

Il était une fois, une petite princesse aimée de tous vivant dans un très beau château. Elle est protégée par son père, le Roi et sa mère, la Reine. Tout aurait pu continuer ainsi dans le meilleur des mondes. Mais effectivement dans ce cas là, il n’y aurait pas de conte, me direz vous lecteur…

Toujours est-il que la vie de la petite princesse s’assombrit avec la mort de la Reine. L’enfant décide alors de rester dans les cuisines avec les servantes pour préparer de bons petits plats. C’est qu’elle s’est prise d’une passion dévorante pour la cuisine et aussi pour la nourriture…

« Ce jour –là, sa peine fut si grande qu’elle chercha refuge dans les cuisines, tout près de la bonne chaleur des fourneaux. De doux effluves s’échappaient des marmites.
La princesse s’approcha, souleva un couvercle, prit quelques morceaux du ragoût qui mijotait. Elle les trouva si savoureux qu’elle décida de rester cuisiner avec les servantes.
Depuis ce jour, la princesse développa un goût et un appétit hors du commun, et très vite c’est elle qui prépara les meilleurs repas du royaume. »

Le roi, son père ne trouva rien à dire à ce sujet et se laissa dorloter et cajoler par sa royale fille qui engloutissait plat sur plat à en devenir « ronde comme une orange ». Cependant quand elle atteignit l’âge de se marier, le roi la somme de trouver un prétendant et de l’épouser au plus vite. Or notre princesse a plus d’un tour dans son sac et elle posa ses conditions en organisant un tournoi gargantuesque…

La princesse aux petits plats est un récit d’une très grande originalité. On remercie Annie Marandin de nous brosser le portrait d’une petite fille atypique, décalée et hors norme. En effet, dans une société qui impose les diktats de la minceur et du bien manger, la princesse boulimique offre une voie dissonante et plaide pour une différence totalement assumée et heureuse d’être dans son corps charnu. Annie Marandin met en exergue avec beaucoup de finesse et de subtilité la douleur et la souffrance intériorisées d’un être cher. La princesse trouve réconfort dans la nourriture après la perte de sa mère. La chaleur des fourneaux se substitue au ventre et aux seins maternels et la petite fille se sent ainsi à l’abri du danger.

Mais le texte a été magnifié et sublimé par le talent de Lucile Placin. Ses planches et ses couleurs chatoyantes donnent de la rondeur, de la vie à ce monde enfantin dans lequel orchestre l’enfant aux joues rebondies, innocente, charmante et souffrante à la fois.

Il est sans conteste que les éditions Didier Jeunesse nous offre là un moment rare de partage entre le parent et l’enfant qui écoutera cette histoire. Son originalité, ses qualités d’écriture et le caractère solaire de ses illustrations ne peuvent que happer l’enfant. La princesse aux petits plats présente un monde merveilleux où la tolérance et la diversité des êtres et des choses permettront aux petits lecteurs de grandir à l’ombre des contes.


Editeurs : Didier Jeunesse, 2015
12,50 €
A partir de 5 ans

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