Jolie Pépée, mon amie de porcelaine. Françoise Quardon

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Chronique d’Abigail

Jolie Pépée est une petite personne, une élégante, une précieuse coquette de fine porcelaine à la grande jupe ornée de son liseré de dentelles en fleurs de violettes.
C’est aussi la compagne de jeux tant aimée d’Agnès. A elles deux, elles s’inventent un monde fabuleux, pétillant. Les illustrations nimbent cet univers d’un désuet enchanteur, d’une poésie surréaliste. Avec Jolie pépée, Agnès s’entoure de beauté, s’évade. Et chaque tableau participe de la féérie, apporte sa touche d’éclat, sa note de couleur. Jusqu’au jour où… l’impensable arrive. Ce monde parfait se rompt, le chagrin fait son entrée. Pépée se brise, se rompt, se fend en mille morceaux épars! Quel chagrin pour Agnès. Voilà venue la fin de Pépée…
Les yeux d’Agnès sont rouges de chagrin. Les collages, l’ornementation délicate des fonds reflètent avec une élégance désuète la fusion des couleurs, leurs vibrations, leur richesse qui continuent d’appartenir au monde intérieur de la petite héroine.
Alors, comme dans les plus beaux contes, ceux qui nourrissent le jeune lectorat, c’est décidé! Pépée aura une fin de princesse, en grandes pompes.
La suite des collages poursuit sur cette partition et invente une perception imaginaire du monde, créant la capacité à transcender la banalité par un surréalisme teinté d’évanescence, de rêve. Ainsi, chaque lieu où se rend Agnès déploie sa liste à la Prévert, d’objets disparates, détournés en objets magiques, en accessoire pour magicienne. La tristesse ainsi dépassée apporte la réparation. De ce fait, Agnès accède au pouvoir de changer le monde, en surpassant sa peine parce qu’elle possède le don d’imagination, de la trouvaille.
Ainsi, l’héroine grandit, devient femme, porte les marques du temps et conserve sa Pépée, talisman fendu et réparé, déchu de sa perfection première tout comme sa propriétaire. Qu’importe! L’essentiel c’est cette clef vers l’imaginaire, le don de vision vers le beau, le féérique. Celui qui sauve de la difficulté de grandir, celui qui apprivoise le temps, ses pertes et ses ravages…
Les planches collent à cette douceur un peu triste, en couleurs et en détails raffinés; du gris mêlé de violet, au beau bleu teinté de vert d’eau.
Conserver cette poésie en soi, c’est aussi une philosophie de la course du temps, de l’acceptation de ce courant des jours, des années qui permet de garder, au creux de soi, une source de joie.


Editions Courtes & Longues, 2012
32 pages
18 euros
A partir de 6 ans

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