Dans les poches d’Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres de Isabelle Simler

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L’envers des contes
(Chronique d’Abigail)

Avec un brin d’humour, une dose de malice et une grande brassée d’imagination, Isabelle Simler invite petits et grands lecteurs à jouer les détectives. Et à bousculer un peu le patrimoine des contes en affûtant la curiosité.
Si la cohorte des personnages de contes de fée nous parait familière et presque sans surprise, alors amusons nous à vider ses poches… pour voir  ce que l’on y trouvera. Et jouons à deviner à qui appartiennent ces étonnants trésors, ce bric à brac collecté le long des chemins.
Ces objets disparates créent une voie vers l’imaginaire et, en une démarche inversée et inventive, donnent le champ libre à l’interprétation. Car, après tout,   il y a quelque chose que les contes ne racontent jamais. Ainsi, qui saurait dire ce qu’un Prince Charmant a en tête lorsqu’il délivre sa belle, ou la retrouve grâce à un délicat soulier de vair? Pourquoi emporte-t-il, cet amoureux transi, une pastille de menthe au fond da sa poche?
Et qu’en est-il de la souris, celle amie de Cendrillon, ou celle dont le passage se déroule secrètement à la tombée des dents de lait? Ces planches mêlent poésie et drôlerie, inattendu et tendresse. Ainsi, notre souris ne se déplace jamais sans quelques miettes de  parmesan, aussi infimes, aussi minuscules et gracieuses que leur propriétaire!
Et le fantôme? Qui pense jamais à ce qu’il peut avoir en tête et, à fortiori, dans ses poches? Hé bien, il transporte des courants d’air!
De même qu’aucun lapin croisant Alice au pays des Merveilles n’omettrait quelques carottes pour la faim, ou des montres gousset pour conserver sa légendaire ponctualité  à l’heure du thé, de même, un loup digne de ce nom  pourvoit à tout et emmènera toujours un bonnet de grand mère…
Le drôle le dispute au triste, telles ces allumettes de la petite fille. Mais, par dessus tout, l’hétéroclite, le surprenant apportent un sourire de joie, celui du jeu. Celui de se laisser étonner par ce regard sur un envers des contes, un regard pétillant, plein de couleurs, d’éclats, d’étincelles de poésie, de morceaux d’imaginaire. Des listes mélangeant en toute allégresse bouton, cure dent, roudoudou et miettes de cake d’amour se déroulent devant les yeux d’un lectorat qui, rendu gourmand, tourne les pages dans la hâte de la suite.
Et l’on se surprend à rêver…
Tiens, et si on vidait nos propres poches pour voir un peu?


Les éditions Courtes & Longues, 2015
22 euros
A partir de 6 ans

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Cet article a été publié dans Littérature de jeunesse, Rentrée littéraire 2015. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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