« Eloge de la lenteur » in Keulmadang. N°3, Eté 2015

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Pour une littérature coréenne

Les lecteurs intéressés, à l’esprit curieux ou passionnés de littérature asiatique, la revue Keulmadang est une opportunité, une porte vers l’autre lointain. Keulmadang est une invitation aux voyages vers une culture riche, chatoyante et surprenante. Mais de quoi s’agit-il réellement ?

D’abord, faisons connaissance avec cette revue unique en France. En effet, Keulmadang est la seule revue française qui promeut exclusivement la littérature et la culture coréennes contemporaines. Au commencement, il s’agissait d’une web revue dont les publications s’intéressaient à tous les domaines d’études des sciences humaines relatives à la Corée. Créée en 2009, ses administrateurs décident en 2014, de faire paraître une version papier de la revue en parallèle à sa publication sur le Net. « Eloge de la lenteur en Corée » est le troisième numéro en version papier parue en Eté 2015.

Keulmadang est un titre qui associe deux idéogrammes, « keul » signifie « écrit » et « madang » désigne « la cour des maisons traditionnelles coréennes ». Mais laissons son directeur de publication, Jean-Claude de Crescenzo définir l’esprit de Keulmadang :

« Dans la maison traditionnelle, la cour (Madang) occupe une place essentielle. On vit, on fête, on se marie, on y donne des spectacles de théâtre, on exécute le rite chamanique…
Nous aimerions présenter les textes, comme les évènements de la cour se succèdent. Pas toujours dans l’ordre, pas toujours hiérarchisés, pas toujours de même nature. Keul Madang, revue littéraire, se propose aussi de montrer les multiples facettes de la culture coréenne, culture entendue ici au sens large : arts, modes de vie, croyances, mythes, religions, relations sociales… » (Jean–Claude de Crescenzo, http://www.keulmadang.com)

Dans ce n°3, la revue donne d’abord la voix aux rédacteurs spécialistes de la culture coréenne pour traiter de la question de la lenteur. Selon la problématique abordée qu’elle soit d’ordre spirituel (Entretien sur le bouddhisme au 21ème siècle du moine Haemin, Le long apprentissage des arts martiaux de Stéphane Bernard), sociétal (Les rites confucéens pour les ancêtres d’Audrey Baule) ou civilisationnel, les articles traitent de la lenteur, le ralentissement de notre rythme de vie afin de nous pencher sur l’essentiel et de revenir à un art de vie traditionnelle : la lenteur comme démarche spirituelle et art de vivre pour accéder à une conscience supérieure, à une communion avec la nature. Les articles se veulent être à contre-courant d’un éloge de la rapidité axée sur le tout économique :

« Depuis les années 1970 et le régime totalitaire du général Park Chung – hee, la croissance économique est plus rapide que jamais ; le peuple considère alors que seule la modernisation peut être garante d’un statut de « pays riche ».
La vitesse de la croissance génère une accélération du mode de vie coréen. D’où l’expression populaire ppalli ppalli (…), littéralement « vite, vite », si souvent utilisée qu’elle en est devenue le symbole du mode de vie coréen. » (La complainte du chanteur de pansori. Par Joo Su- Young)

Puis dans un second temps, comme pour inviter le lecteur à pénétrer plus en profondeur dans ce monde aux mille visages, les deux dernières parties de la revue mettent en valeur les réflexions et méditations sur ce thème de la lenteur et son impact sur notre esprit. Keulmadang, fidèle à son ambition littéraire, promeut dans ces dernières pages les auteurs coréens contemporains et souligne ainsi le dynamisme de cette nouvelle génération de romanciers. Nous accédons à une brève petite fiche de lecture dans laquelle sont données les principales thématiques des romans de ces auteurs. Ils ont été minutieusement choisis par la rédaction. Le public peut alors faire son choix…

En conclusion, Keulmadang par son style simple offre un réel plaisir de lecture et de découverte. Son mérite est de traiter des sujets ardus sans tomber dans l’académisme et le jargonnage permettant ainsi aux profanes d’accéder à cette littérature. Une vraie belle réussite.


Revue de littérature coréenne, Eté 2015, n°3.
Editeurs : Decrescenzo, 2015
72 pages
10 €

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