Le club des prédateurs, Tome.1 « The Bogeyman » Scénario de Valérie Mangin. Dessin de Steven Dupré et Couleur de Roberto Burgazzoli

9782203088092
Hey, Mr Bogeyman, are you around ?

Le club des prédateurs est un BD roman graphique très remarqué lors du festival d’Angoulême de Janvier 2016. Selon la quatrième de couverture, l’éditeur annonce qu’il s’agit du genre thriller qui se compose en deux tomes, celui-ci et un deuxième, intitulé «The party ». La date de la parution du dernier volume n’est pas encore connue.

Nous sommes en 1865. L’histoire se déroule à Londres sous le règne de la prude reine Victoria. Une toute jeune fille de bonne famille, Elisabeth est une enfant choyée et gâtée par son père à qui elle voue un fol amour. Cependant, Londres bruisse de rumeurs concernant le Bogeyman, sorte de croque-mitaine qui est un criminel cruel et assoiffé de sang. Aux dires de Jack, un petit ramoneur des bas quartiers de Londres, celui-ci a tué son père. Il entend faire la lumière sur cette histoire d’autant plus qu’il trouve suspect l’usine du père d’Elisabeth. Toujours selon Jack, ce dernier pénètre dans les quartiers mal famés de la capitale pour recruter les enfants pauvres pour son usine. Cependant, ces enfants disparaissent au fur et à mesure sans laisser de trace.

Le lecteur apprend aussi que le père de la jeune fille fait partie d’un club très influent et très fermé. Les adhérents ont l’habitude de se réunir pour festoyer en se parant de masques d’animaux… Des histoires circulent sur les mets concoctés avec de la chair d’enfants pauvres lors de ces assemblées…

Déterminé, Jack va entrainer la jeune Elisabeth dans une quête de vérité dont elle ne sortira pas indemne…

Le club des prédateurs est une œuvre sombre. L’ouverture présente l’exécution d’une jeune fille pour s’achever sur la folie d’Elisabeth. Les couleurs sont d’un camaïeu de gris et d’ocre couleur de la terre et de la saleté des quartiers pauvres et mal famés. La notion de lumière n’est pas exploitée dans ce premier tome. Les auteurs ont voulu sûrement souligner l’aspect nocturne, funeste et cauchemardesque de cette intrigue. Seules les flammes vacillantes des bougies sont présentes pour renforcer l’épouvante de la situation.

Mais plus qu’une lecture littérale, Le club des prédateurs offre une dimension sociale et psychanalytique. En effet, en écho aux textes de Zola, les auteurs mettent en lumière le rapport conflictuel entre la classe bourgeoise et celle des miséreux. Les premiers se nourrissent de la force de travail des seconds. La bourgeoisie dans ce texte entretient une relation de fascination et de répulsion à l’endroit des misérables qui grouillent dans leurs abris de fortune.

La dimension psychanalytique est aussi prégnante dans ce tome. Le père est un loup, un ogre. Il offre un visage duel pour sa fille, en conflit constant avec la mère. La découverte de l’antre du père terrible entraine la folie d’Elisabeth. La puissance sexuelle du père révélée dans son cannibalisme et l’éveil des émois de la jeune fille au contact de Jack sont des thématiques sous jacentes de l’intrigue.

En conclusion, Le club des prédateurs est une réussite du genre. Le lecteur attend avec impatience la suite des festivités…
9782203088092_1


Editeurs : Casterman, 2016
13, 95 €

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