Jours de miel de Neshkol Nevo

Jours de meil couv
Effet papillon

La vie du riche Jérémiah Mendelstrum, juif américain bascule le jour où son épouse décède sans crier gare, juste un « bruit sourd en provenance de la chambre à coucher, tel un poing cognant un punching ball. »

Le Sir Mendelstrum est alors inconsolable. Il ne parvient pas à donner un sens à sa vie. Un jour succède à un autre  jusqu’au moment où une idée lui vient à l’esprit :

« Il a fait vœu d’immortaliser le nom de sa bien-aimée grâce un à mikvé neuf, un bain rituel qu’il souhaite faire construire dans la Ville des Justes où son épouse et lui-même avaient l’intention de se rendre au cours de l’été précédent (…) il a l’intention de faire don d’un nouveau mikvé, tout frais à sa charge, à une seule condition, (…) l’édifice, dont l’entrée porterait le nom de sa défunte épouse. »

Enthousiasmé par son projet, il écrit alors une lettre au maire de la Ville des Justes pour lui faire part de sa formidable entreprise.

De l’autre côté du monde, le maire reçoit la lettre et voit là une aubaine à ne pas négliger pour sa prochaine élection et décide au plus vite de créer ce sanctuaire. Seulement voilà, la ville contient déjà un nombre incalculable de bains rituels. Il n’y a donc plus de place pour un nouvel édifice.

Qu’à cela ne tienne, le mikvé sera édifié dans un endroit éloigné de la ville. Lieu tenu à l’écart car c’est là que vivent des nouveaux migrants âgés venus de la Russie. Cette population est délaissée, reléguée sur un terrain où il n’existe aucun aménagement ni aucune infrastructure. La construction du nouveau bain va changer radicalement la vie de ces hommes et femmes.

Sans le savoir, Jérémiah Mendelstrum, par sa décision, déchaine les passions, cristallise les désirs et frustrations. Il retourne l’existence paisible de cette région qui, à coup sûr, ne sera plus comme avant.

Jours de miel est un roman qui se veut avant tout humoristique. Neshkol Nevo décrit non sans une certaine tendresse et affection les travers de son peuple. La légèreté du ton, la présence de personnages haut en couleur comme Anton et sa femme soulignent la virtuosité de cet auteur à peindre une satire sociale sans en avoir l’air…


Roman traduit de l’Hébreu par Jean – Luc Allouche
Editeurs : Gallimard, « Du monde entier », 2016
319 pages
22,50 €

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