Mémoire d’une fille indocile de Isabelle de Courtivron

Effondrement

Le plateforme d’aide à l’autoédition Librinova a été créé en 2014 par deux jeunes cadres dynamiques, Laure et Charlotte, issues du monde de l’édition. L’objectif de Librinova est de promouvoir des auteurs de premiers romans et la publication en numérique de leurs ouvrages.
C’est dans ce cadre que Le monde de Tran a eu connaissance de l’ouvrage d’Isabelle de Courtivron, intitulé Mémoires d’une fille indocile. L’auteur, dès l’ouverture de son récit , le place sous la bannière du roman autobiographique mais sous certaines réserve  :
« (…) je voudrais dans mon récit éviter de construire une narration sans aspérités, trop descriptive, chronologique et lapidaire. (…) je garde mes distances pour empêcher une lecture trop proche (…) de mes émotions »
Après les quelques pages servant d’ouverture au roman, le récit commence et propulse le lecteur dans le monde insolite et déconstruit de la petite Isabelle. Progressivement, nous entrons dans l’intimité du personnage et la suivons de l’enfance jusqu’à l’adolescence et puis à l’âge adulte. L’auteure n’omet aucun détail et ne s’épargne nullement. Fidèle à son précepte, elle scinde son récit en deux versions, l’une racontant sa vie auprès d’une mère instable, ambivalente, fragile psychologiquement et dévorante. L’autre version, en italique, entend rétablir la vérité, l’inexactitude des faits lorsque la mémoire de l’auteure trébuche ou lorsqu’elle est prompte à maquiller les « vérités ». Elle corrige les erreurs, les omissions et les lapsus de l’auteure. Ainsi cette stratégie d’écriture à charge et à décharge se voit-elle dans la typographie même du récit.
Tout au long de son roman, Isabelle de Courtivron s’attèle à combattre un autre « vice » : l’effusion du pathos et de l’émotion. L’auteure prend du recul, examine, analyse son histoire. L’écriture devient l’épicentre de toute une vie ébranlée. Elle est un moyen thérapeutique car cathartique. Les mots, en effet, font émerger l’innommable, le Grand Absent, le non – nom du Père. Cette question, corollaire à celle de l’identité est le point d’orgue du roman. Ce père absent, ce blanc dans le schéma familial renforcé par les mensonges répétés de la mère – poison n’ont de cesse de déconstruire le roman familial de la petite Isabelle devenue grande la plongeant dans les abysses de la dépression et la laissant à la lisière de la folie.Le lecteur retiendra de ce roman le témoignage poignant d’une vie en pointillée. La qualité de l’écriture est présente, empreinte de pudeur et de sincérité.
En conclusion, Mémoires d’une fille indocile est un bon premier roman et renoue bien avec le genre autobiographique.


Editions d’Ibrinova, 2016
4,99 euros (Version numérique)
13,90 euros (Livre imprimé)

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