Assise. Une rencontre inattendue de François Cheng

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François d’Assise selon François Cheng

Le lecteur passionné de littérature française connaît bien la prose de François Cheng. Ses Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vie publiées en 2013 sont empreintes de finesse, de grâce et d’élégance. Dans ce présent opus, Assise. Une rencontre inattendue, l’auteur s’intéresse non à l’élaboration d’une énième hagiographie de l’homme ni à édifier une nouvelle réflexion théologique sur la « nature » de la sainteté de François d’Assise. Il entend, dans ce court texte rendre hommage à l’homme dont il porte le prénom. Ainsi, dira-t-il ceci dans les premières lignes de son ouvrage :

« J’ai eu le privilège de choisir, à un moment clé de ma vie, mon propre prénom. C’était en 1971, lors de ma naturalisation. A cette occasion, selon la loi française, le naturalisé a le droit d’opter pour un prénom autre que celui qu’il porte depuis sa naissance. S’est imposé à moi, sans que j’aie eu à réfléchir, le prénom François. Celui-ci, certes, a le don de signifier « français », ma nouvelle citoyenneté. Mais la raison plus déterminante a été que, dix ans auparavant, en 1961, j’avais fait la rencontre du frère universel que tout l’Occident connaît, et en qui tout être même venu de loin peut aussi se reconnaître : François d’Assise. »

L’intérêt de François Cheng pour François d’Assise remonte à un voyage de jeunesse en Italie où avec des amis, il a été vivement attiré par la vie de l’homme médiéval. Des années plus tard, il revient en Italie pour effectuer un voyage à la rencontre de François d’Assise. Il ne s’agit nullement ici d’un pèlerinage. C’est plutôt une quête initiatique qui permet à François Cheng de sonder les différentes facettes de François d’Assise. Le parcours de ce dernier, sa vocation, ses convictions, sa vie liée à un contexte historique déterminé permettent à l’homme contemporain qu’est François Cheng de mieux comprendre son propre parcours de vie, ses doutes et luttes intérieurs.

Ecrit dans un style épuré rempli de sincérité et d’intériorisation, François Cheng se livre avec pudeur aux lecteurs. Chaque pas qui le rapproche de François d’Assise l’invite à pénétrer dans les tréfonds de son âme :

« Ah, c’est là le lieu, mon lieu ! C’est là que mon exil va prendre fin ! »

En conclusion, ce court texte ne souffre pas de plus de dévoilement car chroniquer cet ouvrage, écrire un billet sur lui c’est avant tout savoir garder une part de mystère pour inviter le lecteur à le parcourir et à entendre François Cheng lui susurrer à l’oreille son ravissement devant cet homme au destin extraordinaire :

« A partir de ce portrait, si je veux revenir sur certains détails concrets de sa vie, je pense pouvoir ajouter ceci, sous peine de quelques redites. Nous sommes très nombreux aujourd’hui, et pas seulement en Occident, à qualifier François de « grand saint », au risque de l’enfermer dans une image certes glorieuse, mais un tant soit peu convenue. Pour ma part, dès que j’ai appris à le mieux connaître, je l’ai intuitivement appelé « le Grand Vivant ». Je crois que cette appellation dépeint plus justement ce qui constitue sa singularité. »


Editeurs : Albin Michel, 2014
51 pages
9,50 €

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