Le meurtre du Commandeur de Haruki Murakami


La métamorphose des mondes flottants

A la fin du livre 1, le lecteur quitte un narrateur dont la vie semble être bouleversée par la manifestation du Commandeur et par la mutation du réel autour de lui.

Dans le livre 2, le narrateur s’apprête à approfondir le portrait de Marié, une jeune fille que Menshiki pense être son enfant. Cependant, plus il se lie d’amitié avec l’adolescente, plus le souvenir de sa sœur défunte refait surface. Des événements étranges s’accentuent jusqu’à la disparition de Marié. Le narrateur effectue alors une quête initiatique, il traverse le miroir, s’enfonce dans l’autre monde et revit une seconde naissance. Il accepte de franchir cette frontière pour récupérer Marié.

Cependant, ce voyage insolite a un prix : le Commandeur est tué. Le narrateur est confronté à des forces qu’ il semble ne pas pouvoir maîtriser…

Le livre 2 accentue le thème de la quête déjà entamé dans le précédent volume. Toutes les conditions sont réunies pour une montée en crescendo. L’étrange éclate avec le meurtre du Commandeur. La réalité, le réel et le connu subissent une anamorphose. S’ouvre alors une porte vers l’autre monde. Le narrateur ne peut plus rester sur le seuil. Il doit franchir une étape dans sa quête du sens. La réponse ne pourra lui être donnée qu’au prix d’un réel sacrifice ou d’une souffrance consentie.

Ce tome 2 : Le meurtre du Commandeur. La métaphore se déplace, révèle et confirme encore une fois la puissance de l’art narratif du grand Haruki Murakami. L’auteur explore les grands questionnements que se pose l’humanité : l’au-delà, les mondes parallèles, la vie, la mort, l’art…

L’irrationnel, méprisé par les scientifiques, les cartésiens et les matérialistes (au sens philosophique du terme) constitue ici une part belle de la fiction murakamienne. Le lecteur ne s’en sort pas indemne. Il questionne, cherche dans son quotidien ce qui pourrait consolider ces points d’interrogation.

Le maître japonais a encore réussi son pari. Il a su élaborer un syncrétisme entre la culture japonaise et les apports philosophiques et artistiques occidentaux pour façonner une œuvre à portée universelle


Roman traduit du japonais par Hélène Morita
Editeurs : Belfond, 2018
413 pages
23,90 €

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Un commentaire pour Le meurtre du Commandeur de Haruki Murakami

  1. Ping : #PartageTaVeille | 17/11/2019 – Les miscellanées d'Usva

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